Là-haut

 

Au cours de l’été 2015, j’ai été très intéressée par un concours de nouvelles organisé par le site MonBestSeller qui s’intitulait « Longtemps, je me suis couché de bonne heure ». Chaque texte devait débuter par cette phrase et comporter entre 4000 et 8000 signes.

J’avais tout de suite été inspirée et ai donc écrit une nouvelle d’environ 6000 signes que j’ai nommée « Là-haut« . Mais quand est venu le jour de l’envoyer, je n’étais pas sûre de moi à 100% ; je l’ai donc conservée dans mes tiroirs. Je suis retombée dessus par hasard il y a quelques jours et je me suis dit que c’était dommage qu’elle n’ait finalement jamais été lue, alors j’ai eu envie de vous la faire découvrir 🙂 Après quelques petites modifications ici et là, vous pouvez la découvrir ici au format pdf.

Voici les premières lignes : 

« Longtemps, je me suis couché de bonne heure. Mais ça, c’était avant. Quand j’avais ma petite vie bien rangée, bien organisée. Trop bien organisée, finalement, avec le recul. Je ne permettais aucun imprévu. Il fallait que tout soit établi à l’avance, toujours.

Pour me déplacer au quotidien, je choisissais le tramway. Plus confortable, plus ponctuel que le bus et bien moins dangereux que la voiture, qui pouvait facilement se retrouver coincée dans les embouteillages, exposée aux queues de poissons et autres réjouissances. Quelquefois, je devais attendre sur le quai plus de cinq minutes. Et cela me mettait dans un état difficile à gérer, impossible à cacher. Il fallait, dans ce genre de situations, que je déserre rapidement le nœud de ma cravate que j’avais pris le temps de nouer impeccablement une demi-heure avant, puis que j’éponge mon front avec le mouchoir en tissu, propre et repassé, que je glissais tous les matins dans ma poche droite.

Je sentais un filet de sueur descendre le long de mes tempes, de mes aisselles, de mon dos. Moi qui me douchais et me préparais avec tant de soin, prenant garde de ne pas tâcher ma chemise lorsque je petit-déjeunais, cette situation était véritablement contrariante. Presque insoutenable.

Tous ces efforts fournis pour rien. (…)

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